OSAKA LA DÉJANTÉE !!!

Osaka, 2e round ! Aujourd'hui, nous allons parler de l'un des aspects les plus fascinants d'Osaka (à mes yeux en tout cas). Car oui, il n'y a pas que les cyclistes qui sont complètement fous dans cette ville (je suis sûre que beaucoup d'entre vous sauront de quoi je veux parler).
Rien de tel qu'une balade nocturne à Dotonbori pour apprécier pleinement le grain de folie monumental de la 3e plus grande cité du Japon !

Enseigne et lanterne tako, Dotonbori, Osaka

Clown, Glico Man et streetfood japonaise

J'ai visité Dotonbori à deux reprises, en avril 2016 et novembre 2017, et je dois dire que j'aime beaucoup ce quartier plein de vie... surtout à la nuit tombée ! Depuis la gare de Namba, on y accède très facilement en suivant un réseau de galeries commerçantes menant au célèbre carrefour du Glico Man, véritable emblème d'Osaka installé en 1935 !

Carrefour du Glico Man, Dotonbori, Osaka

Cet athlète géant, courant les bras levés sur une piste bleue, est en réalité le symbole du confiseur Ezaki Glico (qui commercialise, entre autre, les délicieux Pocky). Je n'ai pas vraiment compris le rapport entre le chocolat et l'athlétisme, mais j'imagine qu'en 1935, l'analogie avait du sens 🙂

Si vous croisez la marionnette d'un cuisinier moustachu brandissant deux brochettes d'un air énervé, c'est que vous êtes au bon endroit...

À Dotonbori, absolument TOUT est délirant : enseignes lumineuses géantes et colorées, chorégraphies de J-Pop endiablées dans les salles d'arcade, mascottes un peu flippantes... comme le célèbre clown à rayures Kuidaore Taro (く い だ お れ 太郎), qui me fait surtout penser au héros de "Où est Charlie ?" ou à un Harry Potter sous acide !^^ Il paraît que cette marionnette était à l'origine la mascotte d'un restaurant fondé en 1949. L'endroit s'appelait Cui-Daoré, une référence à l'expression japonaise kuidaore (食い倒れ), qui signifie... "manger jusqu'à la ruine" ! J'avoue que je trouve ce nom plutôt bien adapté à un quartier comme Dotonbori : ici la nourriture est absolument partout, sous toutes ses formes !

Rue commerçante et ses enseignes colorées, Dotonbori, Osaka
Enseigne poulpe géant takoyaki, Dotonbori, Osaka Pâtisseries et souvenirs Kuidaore Taro, Dotonbori, Osaka
Peluches tako dans un magasin de souvenirs, Dotonbori, Osaka
Enseigne dorée, Dotonbori, Osaka
Plaque d'égout, Dotonbori, Osaka Enseigne gyoza géant, Dotonbori, Osaka
Okonomiyaki d'Osaka, Dotonbori, Osaka

Pour en finir avec Kuidaore Taro, son visage étrangement réaliste serait inspiré de celui de Rokuro Yamada, le fondateur du restaurant. Malgré la fermeture de l'établissement en 2008, après 59 ans de bons et loyaux services, le personnage est demeuré l'un des symboles d'Osaka, et son image se décline désormais en multiples souvenirs un peu loufoques, que vous trouverez dans les boutiques du quartier, parmi d'autres omiyage incontournables : peluches tako (poulpe), porte-monnaies takoyaki, biscuits en forme de plaques d'égouts (oui, vraiment)...

Un dîner chez Kushikatsu Daruma

Osaka se revendique comme la capitale de la streetfood japonaise, rien de moins ! Et le titre n'est pas usurpé. Rien d'étonnant, donc, à ce que l'écrasante majorité des gotochi cards d'Osaka soit dédiée à des spécialités culinaires... J'avais testé les takoyaki et les okonomiyaki lors de mon premier voyage au Japon. En novembre dernier, mon choix s'est donc porté sur une autre spécialité : les kushikatsu (串カツ).
Les kushikatsu sont des brochettes panées et frites que l'on trempe dans une sauce tonkatsu, le tout généralement accompagné de quelques feuilles de chou. C'est simple, pas cher (entre ¥120 et ¥240 la brochette, selon son type) et plutôt bon. On peut bien-sûr trouver des kushikatsu à base de viande ou de légumes, mais aussi au poisson ou aux fruits de mer... Le bol de sauce tonkatsu étant partagé entre les clients, il est interdit de tremper sa brochette une deuxième fois après l'avoir goûtée !

Trempage des kushikatsu dans la sauce tonkatsu, Daruma, Dotonbori, Osaka Marionnette Kushikatsu Daruma, Dotonbori, Osaka
Gotochi card challenge Kushikatsu, Daruma, Dotonbori, Osaka

Si vous souhaitez vous essayer à cette expérience, la meilleure adresse est la chaîne de restaurants Kushikatsu Daruma. Il paraît d'ailleurs que les premières brochettes jamais servies ont été cuisinées chez Daruma en 1929, dans le quartier de Shinsekai... à Osaka bien-sûr !^^ Impossible de vous tromper d'endroit : si vous croisez la marionnette d'un cuisinier moustachu brandissant deux kushikatsu avec un air énervé, c'est que vous y êtes sans le moindre doute ! Cette mascotte représente M. Ueyama, le président de la compagnie.
Aujourd'hui, l'enseigne est implantée un peu partout dans la ville, il y a d'ailleurs souvent plusieurs restaurants par quartier. J'ai mangé dans le restaurant d'Hozen-ji, et il m'a fallu faire la queue une bonne dizaine de minutes avant de pouvoir m'installer !

Le temple Hozen-ji et Hozen-ji Yokocho

À deux pas du restaurant, Hozen-ji Yokocho est une ruelle très célèbre que j'avais manquée lors de mon premier voyage, j'étais donc bien contente de la trouver si facilement : je n'avais pas réalisé à quel endroit je me trouvais avant de tomber dessus, et de voir les deux lanternes rouges de part et d'autre de l'entrée ouest.
Il paraît que la calligraphie qui orne cette porte a été peinte par un acteur local très populaire, appelé Kanbi Fujiyama. Il y en a une similaire au-dessus de l'entrée est, peinte par un autre acteur, Harudanji Katsura III. Je n'ai aucune idée de ce que ces deux-là ont bien pu tourner durant leur carrière, mais le clin d'oeil est vraiment sympa et souligne une nouvelle fois la personnalité bien affirmée d'Osaka !

Gotochi card challenge Hozenji yokocho, Dotonbori, Osaka

L'atmosphère nocturne d'Hozen-ji Yokocho, à la lueur des lanternes, est vraiment unique. Elle donne presque le sentiment d'avoir remonté le temps... Mais si l'endroit est si célèbre, c'est surtout parce qu'il a servi de décor à un roman publié en 1940, "Meoto Zenzai" de Sakunosuke Oda, adapté en film dans les années 50.
Hozen-ji Yokocho signifie littéralement "rue à côté de Hozen-ji", car cette petite allée borde un temple fondé en 1637, le... Hozen-ji, tout simplement. L'endroit est très petit aujourd'hui, mais ne l'était pas à l'origine : il a été complètement rasé par un bombardement durant la Seconde Guerre Mondiale, et seule une statue a survécu.
J'avoue ne pas y avoir fait attention lors de ma visite ! 😅 Mais ce n'est pas étonnant : elle est aujourd'hui complètement recouverte de mousse, j'ai dû la prendre pour une plante verte dans l'obscurité (ahaha). Elle représente l'esprit Fudo, une divinité bouddhiste au visage colérique.
On raconte qu'il y a plusieurs décennies, une femme fit un voeu en jetant de l'eau sur cette statue... et ce voeu fut exaucé ! Tout le monde se mit donc à l'imiter, et à force d'arrosage, la mousse finit par s'installer durablement. Depuis, on surnomme cette statue Mizukake-Fudo, "l'esprit Fudo éclaboussé".

Hozenji yokocho, Dotonbori, Osaka Fontaine de purification, temple Hozenji, Dotonbori, Osaka
Le temple Hozen-ji, Dotonbori, Osaka

J'espère que cette petite promenade nocturne à Osaka vous aura enchanté autant que moi. J'ai dit à plusieurs reprises que je n'appréciais pas cette ville à sa juste valeur, mais certains lieux ont quand-même su me parler, et c'est le cas de Dotonbori.
À ce propos, j'ai souvent entendu dire d'Osaka que c'était un endroit fait pour être "vécu", et non juste "visité". J'en suis de plus en plus convaincue. Voilà pourquoi je pense que je redonnerai sa chance à cette ville et même à la préfecture dans son ensemble, mais cette fois en milieu de séjour, pour en profiter sans pression.

11 commentaires

  1. Super photos! Je suis allée au Japon au mois d'octobre mais je n'ai passé qu'une soirée à Osaka. On a préféré s'attarder sur Kyoto. Mais on a tellement adoré qu'on aurait aimé avoir plus de temps pour y rester plus longtemps. J'espère que ce sera possible dans un prochain voyage. ;)

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    1. Merci pour ce commentaire Emma, je te souhaite d'y retourner alors, c'est une ville qui demande un peu de temps pour être explorée en profondeur. Cela dit, pour Kyoto je te comprends^^ Difficile de tout caser dans un seul voyage...

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  2. Merci pour ce sympathique article et tes superbes photos.
    Ce quartier est unique c'est agréable que le redécouvrir à travers ton expérience. Pendant notre visite en décembre dernier, notre fille ne savait plus où donner de la tête et s'est bien amusée a repérer les enseignes les plus farfelues (et nous aussi)!!!

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    1. Au fait, j'adore ta nouvelle bannière !

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    2. Aha merci pour la bannière^^ J'imagine que Dotonbori doit être un quartier particulièrement stimulant pour les enfants, il y a tant de choses à voir !

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  3. Content de voir que tu changes petit à petit d'avis sur Osaka :)

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    1. Ah mais mon avis sur cette ville est en constante évolution^^ Sur le moment, j'étais hyper fatiguée donc peu réceptive, mais quand je redécouvre mes photos après-coup, c'est un pur bonheur et je me dis que je dois persévérer.

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  4. Ah! Il faut absolument que j'aille voir ça! L'ambiance doit être vraiment génial!
    Cette mascotte est juste extraordinaire! Il faut absolument que je la vois de mes propres yeux XD
    Merci pour la petite balade! ;)

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    1. Oui, Osaka est clairement un incontournable, et tout particulièrement ce quartier que je trouve fantastique. J'ai envie d'en parler depuis des mois (puisque j'y suis passée en avril 2016), mais le rythme un peu lent de mon récit de voyage m'en a empêché... du coup je suis contente d'avoir enfin l'occasion d'évoquer Osaka sur ce blog, malgré mes petites mésaventures dans cette ville.

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  5. Hello Ceci!!! J'arrive avec coupable retard et je te fais "Bonne 2018" maintenent. Je m'excuse mais je passe à l'italien parce que c'est diffcile pour moi exprimer tout ce que je te veux dire en français...
    Questo tuo post è davvero bello! Anch'io la penso come te su Osaka e su questo quartiere in particolare: è così colorato e rumoroso e i profumi..... mamma che fame a ripensarci!!!
    Buon 2018. Ho letto anche il post precedente, sul bilancio dell'anno: ti mando un abbraccio fortissimo. Ganbatte per tutto e continua a tenerci compagnia. Bacioni.

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    1. Merci beaucoup Hachi, et bonne année à toi également. Toujours heureuse de lire tes commentaires, même en italien (ça va je comprends à peu près, il faudrait que je m'y remette à l'occasion). Buon anno 2018 anche a te !

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