LE TEMPLE DAIJO-JI

L'exploration du nord de la préfecture de Hyogo continue ! Après un séjour mémorable à Yumura onsen, nous reprenons la route à travers les montagnes, direction Kasumi et son célèbre temple bouddhiste, le Daijo-ji.
Vous le savez, j'ai un gros faible pour les temples et sanctuaires, et celui-ci m'a particulièrement charmé par son atmosphère mystérieuse, accentuée par une lumière magnifique ce matin-là.

vue générale architecture temple daijoji

Le temple Daijo-ji a été fondé en 745 par la secte bouddhique Shingon Koyasan (attention, le terme "secte" n'a ici rien de péjoratif, on peut parler d'école Shingon Koyasan si vous préférez). On l'appelle parfois l'Ôkyo-ji, car le temple abrite les peintures d'un célèbre artiste de l'ère Edo, Ôkyo Maruyama (1733-1795)

shôrô tour de la cloche contreplongée
pavillon temple daijoji contreplongée vue bâtiments daijoji entrée gauche
détail toit ouvragé temple daijoji

L'ensemble du site occupe une superficie d'un peu plus d'un hectare. On y retrouve les bâtiments typiques de l'architecture bouddhiste japonaise : 本堂 (hondo, temple principal), 客殿 (kyakuden, salle de réception),  鐘楼 (shôrô, tour de la cloche), 倉 (kura, maison du Trésor)... Dès mon arrivée, j'ai été émerveillée par l'élégante sobriété de ces bâtiments.

Il faisait très froid à l'intérieur du temple : on nous a donc prêté, à l'entrée, des chaussons de laine à porter par-dessus nos chaussettes. C'était très confortable, et vraiment mignon. Le sens du détail japonais m'étonnera toujours !^^

chaussettes protection laine tatami

Comme lors de la visite du Sanbutsu-ji, nous avons été accueillis par le jushoku (le supérieur du temple), une homme un peu froid mais néanmoins passionné par l'histoire des lieux, qui nous a guidé dans la découverte des peintures d'Ôkyo Maruyama (un sujet qu'il maîtrise sur le bout des doigts !).
Actif dans la deuxième moitié du 18e siècle, Ôkyo Maruyama est un artiste polyvalent, réputé pour le réalisme de ses représentations de la nature. Il est doté d'un grand sens de l'observation, en particulier lorsqu'il s'agit de dessiner les oiseaux ou les poissons. Ses grands formats sont particulièrement appréciés : on lui attribue, par exemple, de nombreux paravents destinés à des temples ou à des maisons bourgeoises. Il réalise également les décorations intérieures de plusieurs monastères, parmi lesquels le Daijo-ji.

fusuma-e d'Ôkyo Maruyama au temple Daijoji

On appelle 襖絵 (fusuma-e) la peinture sur portes coulissantes : l'oeuvre maîtresse du temple est de ce type, il s'agit de la représentation d'un pin grandeur nature et de plusieurs paons, réalisée à base d'encre de Chine et de feuilles d'or.
Cette peinture daterait d'avril 1795 (soit quatre mois à peine avant la mort de l'artiste) et je la trouve très impressionnante ! Quelle que soit la configuration des portes (ouvertes ou fermées), le dessin reste cohérent. De plus, la peinture épouse totalement l'architecture de la pièce, si bien qu'on a l'impression de regarder un arbre en trois dimensions.

cloche métal détail orfevrerie jushoku temple daijoji
détail motif tissu tatami temple daijoji
vue sur la cour depuis le hall du daijoji

Le Daijo-ji abrite 165 peintures réalisées par Ôkyo ou ses élèves, mais seules quelques-unes sont considérées comme biens culturels importants. Il était assez compliqué de les prendre en photo (notre guide étant inquiet de l'utilisation que nous pourrions faire de ces reproductions), je n'ai donc pas insisté. 

goshuin temple daijoji

Après avoir obtenu le goshuin, la visite s'est achevée du côté de la cour intérieure du temple, avec son impressionnant yorishiro (ici un arbre sacré aux racines recouvertes de mousse).

porte entrée temple daijoji
racines de l'arbre sacré du daijoji recouvertes de mousse arbre sacré temple daijoji contreplongée
pierres envahies par la mousse

Si vous visitez les lieux, ne manquez pas de faire un détour par le cimetière, situé un peu en retrait, du côté du shôrô : les feuillages d'automne y sont magnifiques !

cimetière daijoji vegetation automne

Le Daijo-ji est une belle étape à découvrir si vous passez par Kasumi et cherchez un peu de répit dans un cadre apaisant. En-dehors des fusuma-e (qui valent à eux seuls le détour), j'aurais pu rester des heures à contempler l'architecture des lieux et la végétation harmonieusement intégrée au décor...




logo JED

Cet article est sponsorisé par l'office de tourisme de Hyogo.
Vous avez aimé cet article ? Encouragez-moi sur Tipeee !

10 commentaires

  1. Aller zou! Un truc de plus sur la liste!
    C'est vraiment magnifique! Je ne connaissais pas les fusuma-e et j'avoue que ça doit valoir de détour!
    T'es photos sont vraiment magnifique en tout! Je te félicite!
    Elles sont trop kawaii les chaussettes! On dirait un peu mes chausson :p lol
    Merci beaucoup pour ce petit article très enrichissant! J'apprends pleins de choses grâce à toi! :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De rien Yoyo, je t'avoue que j'apprends aussi beaucoup de choses en préparant mes articles, ça m'oblige à approfondir les informations données pendant la visite guidée. La liste s'allonge on dirait... ;)

      Supprimer
  2. Mais le truc des chaussettes c'est super! XD Lieu vraiment harmonieuse et plein d'histoire. Merci!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu as trouvé le mot juste Hachi, "harmonieux". Le Daijo-ji dégage une atmosphère très apaisante, en particulier la cour et les environs du cimetière. Je suis contente d'avoir réussi à retranscrire ce sentiment dans mon article :)

      Supprimer
  3. Alors là je suis complètement bluffé par tes photos ! On a pourtant visité le même site mais je n'ai rien de spectaculaire, je crois que le froid a eu raison de ma motivation de photographe. J'ai l'impression de re-découvrir ce temple, notamment avec tous ces gros plans sur des petits détails que je n'ai pas pris la peine d'observer... il n'y avait pas que les fusuma à la feuille d'or qui valaient le coup ! Comme d'habitude, un article bien documenté, merci Ceci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. De rien Olivier, je t'avoue que ce temple m'a beaucoup inspiré, mon oeil était attiré un peu partout et j'ai eu un mal fou à choisir mes photos pour l'article car j'en avais trop d'exploitables !!! C'est rare, d'habitude c'est plutôt l'inverse lol
      Je suis certaine que tes photos sont chouettes aussi voyons... ;)

      Supprimer
  4. Je radote, je radote, mais j'aime beaucoup tes photos ^^ Ma préférée est celle qui s'appelle "L'entrée du temple Daijo-ji", j'ai envie de la contempler longtemps.

    Et je pense que tu viens de trahir ton identité secrète de ninja (ou de cat's eyes), sinon comment expliquer comment tu as pris la photo "Une architecture soignée dans le moindre détail" ? ;)

    Et les petites chaussettes c'est trop cool !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Alors pour la petite histoire, ce détail d'architecture n'est pas situé sur le toit d'un temple, mais au sommet d'un petit muret (pas plus d'1m60), ce qui explique que j'ai pu prendre la photo de trèèèès près.
      La cour intérieure du temple est vraiment très jolie, la mousse recouvre les pierres et les racines, c'est effectivement un décor qui semble créé pour la contemplation... et un vrai bonheur à photographier :)

      Supprimer
  5. Très bel article bien documenté avec de jolies photos ; comme à ton habitude !
    Les fusuma-e sont superbes et le fait que l’œuvre soit "lisibles" en ouvrant les portes, c'est l'illustration du raffinement japonais.
    Très gentille attention le prêt des chaussettes en laine, elles te vont très bien.
    Merci pour la visite !!!

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. J'ai été bluffée par les fusuma-e, c'est très ingénieux je confirme !^^
      Pour les chaussettes, j'ai trouvé ça très incongru mais super utile, car il faisait vraiment très froid dans le bâtiment. Encore un geste qui prouve l'incroyable sens du service des japonais...

      Supprimer