CRABES ET CIGOGNES À HYOGO !

Un article, deux espèces "phares" de la préfecture de Hyogo ! Aujourd'hui, les animaux sont à l'honneur sur ce blog : ça change un peu des thèmes habituels, non ?^^

sushi de crabe

Si vous voyagez au Japon en hiver, impossible d'échapper à la grande star du moment : le crabe, qui se pêche de novembre à mars dans la mer du Japon. Avant mon blogtrip, je n'en avais quasiment jamais mangé de ma vie... mais en une semaine, j'ai largement pu rattraper mon retard ! J'avoue d'ailleurs avoir été très étonnée par la diversité de recettes qu'un seul ingrédient est capable d'inspirer... J'ai déjà parlé ici du crabe matsuba, spécialité de Tottori : on le pêche également à Hyogo, même si le littoral (côté mer du Japon) y est beaucoup moins étendu que dans la préfecture voisine. 

maki de crabe Vue sur le port de pêche de Kasumi

À environ 3 km du temple Daijo-ji, le port de pêche de Kasumi est une étape incontournable pour savourer d'excellents sushi de crabe. Le restaurant 三七十鮨 (Minatozushi) est un bar à sushi qui ne paye pas de mine, mais qui s'est pourtant fait un nom en proposant à ses clients des spécialités de crabe ultra frais ! C'est là que nous nous sommes posés pour le déjeuner, avant de reprendre notre roadtrip à travers la campagne japonaise, ses montagnes et ses rizières... 

vue sur les rizieres depuis le bus

Je n'en ai pas beaucoup parlé, mais je trouve l'expérience du Japon par la route vraiment intéressante. La plupart des voyageurs étrangers circulent en train, ce qui est, de loin, le plus simple au Japon (ne serait-ce que grâce à l'existence du JR Pass et des pass régionaux, qui permettent de faire de belles économies de temps et d'argent). Mais le bus a aussi son charme, et offre un regard différent sur le pays.
Comme au Royaume-Uni, les japonais conduisent à gauche. Ils sont réputés calmes et courtois au volant (en tout cas en règle générale, je vous vois venir les expats !), et je dois admettre que je n'ai rien à reprocher de ce côté-là à notre chauffeur, M. Yamamoto.
De toute façon, vous n'aurez guère le choix que de prendre la route si vous voyagez à travers la campagne japonaise : certains lieux sont difficilement accessibles autrement. C'est le cas du コウノトリの郷公園 (Parc préfectoral de Hyogo Konotori no Sato), aussi appelé parc des cigognes, dont je vais vous parler à présent.

Boîte aux lettres kawaii cigogne à Toyooka

Situé à 15 minutes en bus de la gare la plus proche (la gare de Toyooka), le Konotori no Sato est un lieu relativement méconnu. Pour être franche, je ne pense pas que beaucoup de touristes européens s'aventurent là-bas, et j'hésite d'ailleurs à vous conseiller la visite.
Non pas que l'endroit ne soit pas du tout intéressant : mais à moins d'être féru d'ornithologie, le (long) détour n'en vaut peut-être pas la chandelle (d'autant que les bus entre la gare de Toyooka et le parc sont assez rares il paraît). Mais je vous laisse en juger par vous-mêmes !

gotochi card cigogne hyogo cigogne empaillée musée Toyooka
scénographie musée de la cigogne à Toyooka

Le parc Konotori no Sato est une réserve naturelle dédiée à l'étude et à la protection d'une espèce aujourd'hui menacée : la cigogne orientale blanche. Il abrite un petit musée dédié à cet oiseau (mais aussi à l'environnement naturel et culturel de la ville de Toyooka), ainsi qu'une zone d'observation ouverte au public. 
Un deuxième bâtiment, sur le parking, accueille un restaurant et des boutiques de produits dérivés sur le thème de la cigogne, oiseau porte-bonheur traditionnellement associé à la préfecture de Hyogo (à tel point qu'il a eu droit à sa propre gotochi card !).


tampon parc aux cigognes version rouge et verte


Petite parenthèse : un grand merci à Aurélien, du blog Voyage Way, qui m'a autorisée à publier les cinq photos ci-dessous. Sans son aide, je pense que j'aurais carrément renoncé à écrire cet article : mon matériel étant assez "basique" (notamment au niveau des objectifs), je n'ai pas réussi à prendre la moindre photo correcte des pensionnaires du parc Konotori no Sato, observables uniquement de loin et derrière une clôture. C'était tellement frustrant !!! T_T 

cigogne sauvage en plein vol
cigogne sauvage en plein vol cigogne sauvage en plein vol

Ne sont-elles pas magnifiques, ces gracieuses cigognes ?^^
L'espèce a officiellement disparu du ciel japonais en 1971, principalement à cause de la détérioration de son habitat et de la pêche intensive. À Toyooka, des mesures sont prises dès les années 60 pour sauvegarder l'espèce, mais sans grand succès : la population de cigognes atteint même le chiffre dramatique de 12 individus en 1965 !
En 1985, un partenariat avec la ville de Khabarovsk en Russie permet d'introduire de nouveaux individus dans l'élevage, et d'enrayer les problèmes liés à la consanguinité.
Il faut attendre 2005 pour que les premières tentatives de réintroduction dans la nature commencent, avec succès. Désormais, il est possible de croiser des cigognes sauvages dans la campagne environnante, mais l'espèce reste fragile : en mars 2015, la population de cigognes à Toyooka est évaluée à 95 individus.

cigogne sur la pelouse de la réserve de Toyooka
Quatre cigognes dans l'eau

À la lumière de toutes ces informations, vous pouvez réaliser à quel point voir de ses yeux un oiseau aussi rare est une chance ! Par la magie du timing japonais, nous sommes arrivés pile au moment où les cigognes d'élevage étaient nourries, ce qui nous a permis d'en voir un certain nombre (les cigognes sauvages se mêlant au festin). 
Mon conseil : si vous souhaitez absolument visiter le parc Konotori no Sato, je vous recommande de bien vous informer en amont, et de prévoir le matériel adéquat (pour l'observation et la photo), histoire de ne pas avoir de regrets !
Pour conclure, même si je ne suis pas spécialement férue d'ornithologie, je ne regrette pas d'avoir découvert ce lieu atypique, où je ne serais probablement jamais allée par moi-même. Mais je m'en voudrais de vous le recommander aveuglément : à mon avis, seuls les vrais passionnés y trouveront leur compte.




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Cet article est sponsorisé par l'office de tourisme de Hyogo.
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8 commentaires

  1. Roooo trop bien! Mon papa adorais aller voir ça j'en suis sûr!
    Moi... pourquoi pas! Ça peut être intéressant :D
    Les petits tampons sont trop kawaii!!! Je crois que juste pour les avoir je vais y aller XD
    Merci Céci pour cette petite découverte!

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    1. Ahaha ça fait cher payé le tampon quand même !^^
      Je confirme que la visite est intéressante, émouvante même, mais je préfère laisser chacun se faire une idée sur la pertinence du voyage. L'ornithologie, c'est quand-même un sujet très pointu...

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  2. Sympa ce parc, mais je rejoins ton avis, seuls les férus d'oiseaux, ou les personnes voyageant avec des enfants(pour changer des temples par exemple !), pourraient être intéressés .
    Découvrir un pays par la route est souvent la meilleure solution mais les conditions de circulation ne sont pas toujours optimales pour les voiyageurs ou les non-initiés aux coutumes locales de conduite... Après reste le bus, qui permet de voyager en sécurtié biensûr !
    J'ai souvent la chance d'appercevoir des cigognes pas très loin de chez moi au début du printemps quand elles quittent le sud. C'est toujours une surprise et une joie de les voir, ça pressage des beaux jours !

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    1. Ça peut peut-être intéresser les familles en effet, mais je n'en ai pas parlé car j'imagine que la distance maintenue vis-à-vis des oiseaux risque d'être potentiellement frustrante pour de jeunes enfants curieux, qu'en penses-tu ?
      Cela dit, voir atterrir les cigognes sauvages était un spectacle magnifique !

      Je n'avais jamais vu de cigognes avant, ce sont des oiseaux d'une belle envergure !!! Je trouve l'histoire de cette espère vraiment incroyable, et triste aussi : on a véritablement frôlé l'extinction. Imaginer toute la volonté humaine et l'énergie dépensée pour sauver cette espèce, ça redonne foi en l'Humanité. Mais si les activités humaines n'avaient pas menacé leur habitat, ces cigognes n'auraient pas eu besoin d'être sauvées... (je suis en plein débat intérieur, désolée XD)
      Je n'ai pas parlé de conduite (en dehors du bus) dans mon article, car il y a beaucoup d'obstacles à prendre en compte effectivement, pour un voyageur étranger. Je crois qu'il faut faire traduire son passeport, et quid du code de la route, de la signalétique ? Pas sûr que je m'y risquerais lol
      Merci de ton commentaire en tout cas :)

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  3. Hormis pour la boîte aux lettres cigognes qui vaut des points, je te rejoins tout à fait Céci sur ton avis sur le parc qui n'est pas forcément super intéressant pour des français. On peut en voir tout autant en Alsace (avec les maisons à colombage en prime). Mais pour les férus d'ornithologie, c'est à voir comme tu le conseilles !

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    1. Merci pour ce retour, c'était un sujet délicat à traiter pour moi, car je ne suis pas forcément le public cible en effet. Mais je voulais quand-même écrire un article sur ce parc, car je sais que certains seront tentés... Il en faut pour tous les goûts !
      Et puis cette cigogne a une histoire tellement passionnante, il aurait été dommage de ne pas en parler sur l'un de nos blogs... ;)

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  4. Ooooh trop bien ! Je me demandais "pourquoi cette gotochi card" ? J'ai ma réponse.
    Très bon article. La gotochi card que tu m'a offerte trone sur mon frigo :) Je suis ravie d'avoir eu toute cette explication. Merci Céci ^^

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    1. Contente de t'avoir apporté quelques éclaircissements Tetoy, c'est justement ça, la magie des gotochi cards : mettre en lumière des choses auxquelles on ne se serait pas forcément intéressé à l'origine. Merci de ton commentaire en tout cas :)

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